Audit de vos outils numériques : la méthode en 5 étapes pour faire le tri

Il y a un exercice que personne ne fait jamais volontairement dans une PME. C’est de s’asseoir, d’ouvrir tous les relevés bancaires du mois, et de lister un par un tous les prélèvements qui correspondent à un abonnement logiciel.

Pas parce que c’est compliqué. Parce que le résultat fait mal.

Chez un client récent — une agence de communication de 12 personnes — on a dénombré 17 abonnements actifs pour un total de 1 850 € par mois. Trois d’entre eux n’avaient pas été ouverts depuis plus de six mois. Deux faisaient exactement la même chose (un outil de stockage cloud en doublon, personne ne savait pourquoi). L’économie après rationalisation : 480 € par mois. Soit près de 5 800 € par an. Pour deux heures de travail.

Si ça vous parle, cet article est pour vous.

Pourquoi un audit (et pourquoi maintenant)

Le Baromètre France Num 2025 indique que 75 % des TPE-PME consacrent un budget spécifique au numérique — mais que ce chiffre est en léger recul. La pression budgétaire monte, et la question n’est plus “est-ce qu’on investit dans le numérique ?” mais “est-ce qu’on investit bien ?”

Un audit d’outils, ce n’est pas un projet IT de trois mois. C’est un check-up de deux à trois heures qui répond à trois questions simples : qu’est-ce qu’on paie ? Qu’est-ce qu’on utilise vraiment ? Et qu’est-ce qu’on pourrait faire mieux ?

Étape 1 — Inventaire complet (la partie ingrate, mais essentielle)

Commencez par recenser tout. Absolument tout. Chaque logiciel, application, service en ligne utilisé dans l’entreprise.

Sources à vérifier :

  • Les relevés bancaires et factures fournisseurs (SaaS = prélèvements récurrents)
  • Les boîtes email de l’entreprise (cherchez “subscription”, “invoice”, “renouvellement”)
  • Les stores d’applications des téléphones pros
  • Les raccourcis navigateur des postes de travail
  • Et surtout : demandez à chaque personne de l’équipe quels outils elle utilise au quotidien. Vous allez découvrir des choses que vous ignoriez.

Pour chaque outil, notez : le nom, l’éditeur, le coût mensuel ou annuel, le nombre de licences, et à quoi il sert (en une phrase).

Résistez à la tentation de tout analyser à ce stade. Le but ici, c’est juste de voir clair.

Étape 2 — Mesurer l’usage réel

Un outil payé n’est pas un outil utilisé. Et un outil “utilisé” par une personne sur dix n’est pas un outil rentable.

Pour chaque logiciel de votre inventaire, évaluez :

  • Combien de personnes l’utilisent réellement (pas “ont un compte” — utilisent)
  • À quelle fréquence (quotidien, hebdomadaire, une fois par mois, jamais)
  • Quel est le niveau de satisfaction des utilisateurs (demandez-leur simplement sur une échelle de 1 à 5)

Vous pouvez le faire avec un simple tableur partagé envoyé à l’équipe, ou mieux, en posant la question lors d’une réunion d’équipe de 20 minutes. Les réponses sont souvent plus sincères à l’oral.

Étape 3 — Identifier les doublons et les trous

Avec votre inventaire et vos données d’usage, deux patterns vont émerger :

Les doublons — deux outils qui font la même chose, utilisés par des équipes différentes parce que personne n’a jamais harmonisé les pratiques. Exemple classique : un service utilise Trello pour la gestion de projet, un autre utilise Asana, et le patron suit tout dans un tableur Excel. Trois outils, zéro cohérence.

Les trous — des besoins qui ne sont couverts par aucun outil, ou couverts “à la main” avec des solutions bricolées. Exemple : la gestion des relances clients qui se fait “de mémoire” ou avec des Post-it, alors qu’un CRM bien paramétré pourrait automatiser 80 % du travail.

Notez les doublons à éliminer et les trous à combler. Ce sont vos deux leviers d’optimisation.

Étape 4 — Évaluer les connexions (ou leur absence)

C’est la partie que la plupart des audits ignorent, et c’est pourtant la plus rentable.

Pour chaque paire d’outils critiques, posez la question : est-ce que les données circulent automatiquement de l’un à l’autre, ou est-ce que quelqu’un fait le lien manuellement ?

Formulaire web ↔ CRM : les leads arrivent-ils automatiquement ? CRM ↔ Facturation : les infos client sont-elles synchronisées ? Calendrier ↔ Rappels : les rendez-vous déclenchent-ils des notifications ?

Chaque connexion manquante, c’est du temps humain dépensé à faire un travail de machine. Et c’est aussi un risque d’erreur à chaque transfert manuel.

Étape 5 — Décider et agir (pas “planifier”, agir)

Vous avez maintenant un tableau clair. Passez à l’action en trois mouvements :

Supprimer — les outils qui ne sont plus utilisés ou qui font doublon. Résiliez les abonnements. Ça prend 10 minutes et ça économise des centaines d’euros par an.

Consolider — là où deux outils font la même chose, choisissez-en un et migrez. Préférez celui qui est déjà le plus adopté par l’équipe (l’adoption bat la fonctionnalité, à tous les coups).

Connecter — les outils que vous gardez doivent pouvoir échanger des données. Si ce n’est pas le cas, mettez en place les automatisations nécessaires (voir notre article sur les outils no-code pour connecter vos logiciels).

Le piège de la procrastination

Le plus grand risque, ce n’est pas de faire un mauvais audit. C’est de ne jamais le faire. Parce que “c’est pas urgent”, parce que “on a toujours fait comme ça”, parce que “on verra ça au prochain trimestre”.

Pendant ce temps, les abonnements inutiles continuent de tourner, les équipes continuent de ressaisir les mêmes données, et l’écart se creuse entre ce que vos outils pourraient faire et ce qu’ils font réellement.

Si vous n’avez pas deux heures devant vous pour faire cet audit seul, faites-le avec nous. Notre Pack Clarté inclut un diagnostic complet de votre écosystème d’outils : inventaire, usage, doublons, connexions manquantes, et plan d’action chiffré. En une session, vous y voyez clair.


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Publié par Agilteem · Mars 2026